dimanche 14 septembre 2008

Vu et approuvé/ Babyshambles

Babyshambles


Il était là, en chair et en os, pâle comme la mort mais bien là : Pete Doherty et ses Babyshambles étaient à la fête de l'Humanité. Programmé par deux fois au grand Rex en solo acoustique, Pete Doherty avait annulé ses deux concerts, la première fois parce que Monsieur n'avait pas respecté sa liberté conditionnelle et devait passer par la case prison, la deuxième parce que l'Eurostar avait pris tellement de retard qu'il est entré en gare de Paris nord à 2 heures du matin...
Jusqu'à la dernière minute, ses fans y croyaient à peine, craignant un coup à la Amy Winehouse à Rock-en-Seine... Mais Pete Doherty entre en scène, après ses petits camarades et deux danseuses parasites. Des vagues adolescentes se bousculent pour voir de plus près leur "Petouuuuuuuuuuuu" et chaque geste de celui qui semble considéré comme le messie récoltent selon la formule consacrée des tonnerres d'applaudissements. Pendant que les hystériques de moins de 16 ans s'époumonnent, on essaye de profiter des morceaux géniaux de Pete Doherty, un peu moins proprets que sur l'album...Pour prouver, si besoin en était, que Pete Doherty est un vrai artiste à la sensibilité punk, et pas un produit marketing pour ados en manque...de héros.
Les vocalises et les gratouilles de l'artiste sont parfois limites mais Pete Doherty n'est pas du genre à vouloir à être le premier de la classe (pas comme Roger Hodgson, des Supertramp, qui passe derrière lui, sorte d'André Rieu du synthé qui nous fait toujours pas diriger les années 80).
Concernant la set list, les nostalgiques des Libertines regretteront que ne soient plus joués les petits bijoux que sont "Boys in the band", "Up the bracket" ou "the man who would be king" mais les Babyshambles peuvent s'ennorgueillir aussi de quelques trouvailles. Du dernier album, on ne trouvera guère que "Delivery" alors que "you talk" et l'excellent 'There she goes" passent à la trappe. Un petit "pipe down" pour dynamiser la foule et le set se finit logiquement sur "Fuck forever"!

dimanche 7 septembre 2008

Lu et approuvé/ Les rescapés du Styx

Les Rescapés du Styx

Jane Urquhart

Malgré les apparences, les Rescapés du Styx n’est pas un livre sur des personnes ayant échappé de peu à la mort et livrés à eux-mêmes. Ce sont des naufragés du cœur qui dévoilent devant nos yeux leurs passés et leurs souffrances.
Andrew meurt dans une tempête de neige sur une île au nord du Canada, une terre abandonnée tant les conditions climatiques sont déplorables. Il est retrouvé prisonnier dans un bloc de glace, par Jérôme, un artiste venu s’isoler pour créer une œuvre. Sylvia que tout le monde croit psychologiquement fragile échappe à la surveillance de son mari et retrouve ce Jérôme un an plus tard pour lui parler de son amant Andrew.
De là, Jane Urquarht retrace le riche passé de la famille du défunt et revient un siècle en arrière quand les arbres peuplaient encore l’île, des arbres sacrifiés pour l’industrie du bois. Elle nous interroge sur la cupidité des entrepreneurs qui tente de dominer la nature et sur tous ces changements irréparables que l’homme a provoqués. En somme, le progrès est-il source de bonheur ?
En un sens, ce livre est plein de bons sentiments, peut-être un peu trop. Les personnages, en fouillant au plus profond d’eux-mêmes, ouvrent leurs cœurs et retrouvent des souvenirs enfouis ce qui donne un côté « analyse avec mon psy ». Et devinez quoi ? Ils se libérent de leurs démons... Happy end.