vendredi 26 février 2010

Vu et approuvé/Kasabian & Vampire Weekend


Où est passé le temps où l’on pouvait voir en première partie de concert des groupes prometteurs comme The Coral, Kaiser Chiefs ou les Foals ? Mais oui, qu'est-t-il advenu de ces premières parties où le palais et l’oreille encore sec, nous étions secoué d’entrée de jeu par la fougue et/ou la virtuosité d’un groupe encore inconnu dans les rayons des disquaires ? Ce qui ressemble à un discours de vieux con n’est en réalité qu’une déception immense face à des formations qui ne devraient jamais sortir de l’ombre…

SOS, voilà Fan Death

Premier exemple, celui de Fan Death avant la prestation de Vampire Weekend à l’Olympia. Ce groupe pioche allègrement ses références dans ce que les années 80 a de plus mauvais et nous gratifie même d’un violon pour le côté folklorique, faisant encore pire que ce jouait les Corrs dans les années 90…C’est dire ! Pour masquer ce massacre musical, la chanteuse a donc mis une robe très courte à frou-frou et fait des moulinets avec ses bras, sorte de Véronique sans Davina et sans douche à poil à la fin!Mais nous comble avec deux roues successives : ça tombe bien, j’avais justement envie de voir un pathétique cours de gymnastique…

Control, pâle copie des Kills

Deuxième exemple, celui de Control, en 1re partie de Kasabian, toujours à l’Olympia. Une formation française composée d’un homme et d’une femme, qui pique un peu tous les codes aux Kills, sauf le talent…Et comme ils ne font pas illusion longtemps sur scène, Mme a tout prévu, un strip tease tendance long effeuillage : après avoir retiré sa cape dont on se demande à quoi ça peut bien lui servir, voilà qu’elle retire sa veste sans T-shirt en dessous. Heureusement qu’elle avait pensé à rembourrer son soutien-gorge et qu’elle a des cheveux long et ébouriffées pour pouvoir passer ses mains dedans à l’envie…Si j’avais su, j’aurais regardé un feuilleton pseudo érotique sur M6.


Vive Vampire Weekend

Heureusement que les têtes d’affiches assurent ! Les Américains de Vampire Weekend en deux petits albums ont séduit tous les amateurs de rock assez ouverts pour écouter des sons venant ailleurs que des Etats-Unis ou d’Angleterre…En l’occurrence, l’Afrique, avec des percussions très insistantes et entêtantes qui correspondent parfaitement au sol rebondissant de l’Olympia. Ces étudiants surdoués savent régurgiter dans leur musique des tas d’influences et s’amusent à les télescoper, prenant à contre-pieds les danseurs qui ont le rythme dans la peau… Avec les Vampire Weekend, veux mieux être destructuré et affûté pour suivre la cadence infernale. Ils arrivent cependant à nous faire oublier combien leur musique est étudiée et intelligente, pour ne laisser qu’apparaître le « beat ». Le public ne s’y trompe pas, et les applaudit à tout rompre !


Kasabian, so english?


Kasabian est un peu le contraire : ethno et égocentrique, revendiquant leur citoyenneté anglaise en lançant très officiellement le maillot de foot de leur équipe nationale pour la Coupe du monde lors de leur concert à l’Olympia. Sauf que ce maillot moulant ne convient guère à un rockeur buveur de bière plus près du Bidochon que du David Beckham. Mais Kasabian a dès ses débuts montré quand même une certaine ouverture, avec un net penchant pour l’électro. Depuis, ils piochent ci et là des instruments (trompette, violon, tambourin…) qui donnent plus d’ampleur à leur musique et leur donne un visage plus cosmopolite. Ils ont aussi une facilité à écrire des tubes fédérateurs, qui peut pousser à la ferveur un public apathique. A la limite de la musique de hooligan en live, mais comme c’est bon parfois d’être décérébré !

vendredi 5 février 2010

Lu et approuvé/Délivrance

Délivrance,
James Dickey


Attention : une fois ce livre ouvert, vous aurez dû mal à le refermer…tant le suspens se maintient à chaque page. Aux Etats-Unis, la construction d’un barrage va inonder une rivière et un paysage encore sauvage. Quatre amis décident de la descendre en canoë pour profiter une dernière fois du spectacle de la nature. Il y a Ed, le narrateur, qui travaille dans la publicité et s’ennuie dans sa vie. Il est légèrement influençable par son copain Lewis, l’aventurier qui cherche de l’adrénaline et veut tester son instinct de survie. Bobby et Drew se laissent entraîner dans l’aventure…Bien mal leur en a pris : la rivière se révèle plus agitée que prévu et des inconnus mal intentionnés s’invitent au spectacle. Ce livre ne saurait se résumer à une virée entre amis qui tournent mal, tant la psychologie des personnages, les rapports d’influences et les décisions qu’ils prennent dans l’adversité sont intéressants. La rivière et la forêt elles-mêmes, accueillantes par instants, sournoises en d’autres, sont des personnages à part entière. Un décor effrayant, une atmosphère étouffante, des personnages ambivalents, une histoire hallucinante : ne cherchez plus, vous tenez là un bon bouquin !

L'info en plus : Ce livre a reçu le prix Médicis étranger et a été adapté au cinéma par John Boorman en 1972.

jeudi 4 février 2010

Vu et approuvé/Invictus


Invictus,
Clint Eastwood


Oh qu’il est le beau le mélo ! Après 30 ans de prison, Nelson Mandela devient le premier président noir de l’Afrique du Sud et tente de réconcilier ses concitoyens après l’apartheid. Morgan Freeman campe si parfaitement ce rôle de président obstiné, courageux, empreint de sagesse et de pardon, qu’on peut parler de mimétisme. Les Springboks sont l’équipe de rugby sud-africaine, sport populaire chez les blancs et pratiqué presque exclusivement par les blancs, en déroute un an avant d’accueillir la Coupe du monde. Quand le chemin de ces deux géants se croisent, en découle une destinée hors du commun. Mandela pressent ce qui personne n’avait imaginé : une victoire de l’Afrique du Sud unirait les noirs et les blancs dans un même élan de joie ; ils vibreraient pour la première fois de leur histoire à une même cause…François Pienaar est le capitaine de cette équipe afrikaner, bercé depuis sa tendre enfance par des propos ségrégationnistes, qui se laisse magnétiser par un président d’exception…Le film montre bien les réticences des uns et des autres à se faire confiance mais ils s’apprivoisent beaucoup plus vite que ne le laisse craindre la réalité. Le film nous apporte quelques frissons dans le stade, mais les scènes de rugby sont très mal filmées et peu crédibles : des figurants pas très costauds notamment un Jonah Lomu ridiculement petit, le haka des néo-zélandais ne ferait même pas peur à un enfant de 6 ans…Et par-dessus la marché, on nous rajoute des ralentis, des bruitages tape-à-l'oreille et de la musique sirupeuse (signé du fils Kyle eastwood mais qui conviendrait mieux à un feuilleton pour ado). L’histoire en vaut la peine, mais c’est un film peut-être un peu trop calibré pour Hollywood, avec beaucoup de bons sentiments, pas d'esprit critiques et surtout un happy end…

lundi 1 février 2010

Lu et approuvé/Les justes

Les justes,
Albert Camus


Tuer ou ne pas tuer ? Telle est la question de cette pièce de théâtre, écrite en 1949 par Albert Camus. L’action se déroule un demi-siècle plus tôt en Russie, à l’époque où un groupe révolutionnaire se prépare à assassiner le grand duc Serge pour libérer le peuple… Ils se conçoivent comme des libérateurs, on les accuse de terrorisme : un débat d’une cruelle actualité. Dans cette pièce, on croise une galerie de personnages formidables, de la femme qui prépare la bombe pour son amant au poète maudit qui a la main qui flanche, du révolutionnaire pur et dur endurcit par des années de bagne au du cerveau de l’opération qui reste à l’écart du sang…En quelques phrases, tout est dit et son contraire : l’amour et la haine, la confiance et la suspicion, la solidarité et la lâcheté, la liberté et l’enfermement…Mais on trouve toujours au bout du chemin de la souffrance, chez les assassins, comme chez les victimes.