Robert Zemeckis
A quoi ça tient de choisir tel livre, tel CD, telle expo ? On peut se fier à ses goûts personnels toujours sûrs, se laisser prendre par une bonne critique piochée quelque part dans les médias ou s'en remettre au hasard d'un blog trouvé sur la toile...
lundi 28 décembre 2009
Vu et approuvé/Drôle de Noël de Scrooge
Robert Zemeckis
lundi 21 décembre 2009
Lu et approuvé/le jeu au casino
les accros du jeu
Sacha Guitry
24 heures de la vie d’une femme,
Stefan Zweig
jeudi 10 décembre 2009
Lu et mititgé/Celle qui plantait les arbres
Wangari Muta Maathai
De retour au pays, Wangari rate un poste de biologiste parce qu’elle est une femme ; elle sera sans cesse freinée dans sa carrière pour des raisons sexistes, mais parviendra tout de même à faire des recherches dans le domaine vétérinaire et devenir doyenne de la faculté de Nairobi. Sa réussite dans un monde d’homme fait grincer des dents au sommet de l’université et donc de l’état ! Son mari même demandera le divorce invoquant une trop forte tête et le juge lui donnera raison…
Mais Wangari n’est pas femme à baisser les bras : en 1977, elle crée le mouvement de la ceinture verte, pour replanter des arbres partout au Kenya, sauvegardant ainsi un écosystème fragile et assurant la survie des paysans. Ses convictions écologiques, féministes et politiques lui vaudront plusieurs arrestations et agressions arbitraires. Elle s’est notamment opposée au projet d’une tour dans le parc Uhuru et à des projets immobiliers dans la forêt. Dans les années 90, Wangari s’est lancée dans la politique et s’est présentée aux élections, sans succès. Elle a ensuite fondé le parti vert Mazingira et est entrée en 2002 au gouvernement. Elle a reçu le prix Nobel de la Paix en 2004.
Evidemment, le témoignage de Wangari est passionnant. Il nous éclaire sur un pays, de la colonisation à la démocratie, en passant par l’indépendance et des années de corruption. Il nous donne le regard d’une personne du pays, forcément différent de celui que peut porter les occidentaux, anciens colonisateurs ou ONG sur place, qui ont généralement davantage voix au chapitre dans les pays occidentales. Il nous donne surtout une leçon de courage, indifféremment de là où l’on habite et où l’on vit. Mais cela reste l’ouvrage d’une scientifique et il manque un peu de passion, de souffle, d’envolées littéraires. Ce n’est guère pour son style qu’on appréciera cette autobiographie.
Vu et approuvé/Paranormal activity
Oren Peli
lundi 23 novembre 2009
Vu et approuvé/Away we go
Sam Mendes
mercredi 14 octobre 2009
Vu et approuvé/Hôtel Woodstock
Ang Lee
mercredi 23 septembre 2009
Lu et approuvé/L'herbe de fer
William Kennedy
Vu et approuvé/Noah and the Whale
L'info en plus : Leur 2nd album The First days of spring vient de sortir
vendredi 4 septembre 2009
Coup de projecteur sur/les hobos
la vie à fond de train
Contexte
La Grande Dépression
La crise économique de 1929 a été déclenchée aux Etats-Unis par le krach bousier de Wall Street, plongeant le reste du monde dans la récession et provoquant en partie la montée du fascisme en Europe dans les années 30. Aux Etats-Unis, des milliers d’actionnaires sont endettés, les banques font faillites, les industries licencient. Le chômage augmente, la croissance et la consommation baissent. Que reste-t-il de ces années noires ? Le hobo qui est devenu un personnage mythique, voire romantique, dans la culture américaine.
Hobo, qui sont-ils?
Le hobo est un pur produit de la Grande Dépression aux Etats-Unis. Dans les années 30, les hobos sont ces vagabonds, qui sautent de wagon en wagon, errent de ville en ville, l’œil hagard et le visage livide, à la recherche de travail et d’une vie meilleure. Le train est presque le personnage central de cette époque : c’est là où se font les rencontres, se lient des amitiés, se dévoilent les bons plans ou se donnent les coups couteaux. La misère sociale est la toile de fond de cette époque qui a jeté à la rue des milliers d’américains : la faim et les soupes populaires, le froid et les nuits à la belle étoile, la violence et les nuits en tôle, l’alcoolisme et les bars peu fréquentables…
Homeless Bohemian, des romantiques?
Littérature
La Route, Jack London
Un fils de l’Amérique, Nelson Algren
Francis est parti de chez lui, parce que son bébé est tombé de la table à langer alors qu'il s'en occupait. Ce n'est pas la seule personne à qui il a causé directement ou indirectement la mort...Francis revoit tous les fantômes de son passé, à chaque coin de rue, à chaque instant, rendant encore plus difficile son errance.
Les raisins de la colère, John Steinbeck
BD
Freddie Bloch s’enfuit sur les routes à l’âge de 12 ans pour retrouver son père : il découvre un monde cruel et va devoir grandir très vite, s’il veut survivre.
Musique
Hobo's lullaby, Woodie Guthrie
Ce chanteur et guitariste de folk américain a marqué la culture
Cisco Houston
Ce chanteur folk a mené la vie de hobo. A cause de la grande dépression, il est obligé de travaillé pour aider sa famille et part sur les routes avec son frère et toujours une guitare à la main. Durant ses voyages, il élargit son répertoire et joue dans la rue, dans des clubs, parfois à la radio. Il se lie ensuite d’amitié avec Woodie Guthrie avec qui il fait une tournée dans les camps de travailleurs immigrés. Il rejoint ensuite les Almanac Singers, groupe de folk à gauche où chantent Pete Seeger, Lee Hays, Millard Lampell…
I'm a lonesome hobo, Bob dylan
Seasick Steve
Un bluesman pour changer. Seasick Steve a vécu à la dure sur les routes du Tennessee, Mississippi, vivant de petits boulots de fermiers ou de cowboy. Il a commencé sa carrière musicale dans les années 60 aux côtés de Janis Joplin et Joni Mitchell, puis a travaillé comme producteur. Il a enregistré son premier album en 2006 et sa popularité a vraiment décollé après un show à la BBC.
Like a hobo, Charlie Winston
Hobo, lui? Avec sa chemise blanche bien repassée et son chapeau très stylée à la Pete Doherty? Non, c'est juste une blague...
mardi 1 septembre 2009
Lu et mitigé/Tritska
Il vaut peut-être mieux aimer le hip hop pour lire ce livre, mais il y a aussi des commentaires au vitriol sur le monde de la musique en général : « La musique qui me touche ne se préoccupe pas de métaphysique de pacotille; elle est dure et coriace, et elle est l'écho des lieux d'où elle vient, du bruit des rues. Le moment où quelque chose de nouveau surgit d'en bas en bouillonnant, plein de sexe et de fureur, juste avant que l'industrie de la musique l'enchaîne et en fasse une marchandise - de ça, je ne me suis jamais lassé. » On pénètre surtout dans les bas-fonds d’une ville, comme dans ses quartiers huppés : la Nouvelle-Orléans est une héroïne en soi, décadente bien avant le passage de l’ouragan Katrina. On peut regretter que les passages soient très inégaux en qualité et que le livre traîne en longueur.
lundi 31 août 2009
Lu et approuvé/Beignets de tomates vertes
Beignets de tomates vertes,
Fannie Flagg
L'info en plus : Le livre a été adpaté au cinéma en 1992 par Jon Avnet, avec Kathy Bates, Mary Stuart Masterson, Mary-Louise Parker et Jessica Tandy.
jeudi 13 août 2009
Lu et approuvé/Une odeur de gingembre
Oswald Wynd
3. Pour la psychologie du personnage. Mary part en Orient avec des yeux d’enfants et découvre déjà à bord du bateau qui l’emmène en Chine que la vie n’est pas telle que sa mère lui a décrit. A la faveur des rencontres, Mary affirme son caractère, pense par elle-même et s’écarte du mode de vie qui lui est imposé. A son arrivée au Japon, Mary croise une féministe, s’émancipe par le travail. En avance sur son temps.
4. Pour la forme épistolaire qui nous fait entrer dans l’intimité de l‘héroïne. Mary écrit de longues lettres à sa mère sur le bateau, puis tient un journal intime quand elle n’a plus personne à qui parler. Les lettres ne sont pas forcément régulières mais nous font partager toute sa vie, du plus infime détail comme la décoration de sa maison à l’événement le plus tragique, comme le kidnapping de son enfant.
5. Pour la peinture de mœurs. On y voit une Chine aux deux visages au début du XXe siècle, avec des pousse-pousse rachitiques à tout les coins de rue, et des expatriés qui mènent chichement une vie de réception. On découvre ensuite un Japon menacé par les catastrophes naturelles, replié sur lui-même et extrêmement codifié, presque incompréhensible pour un occidental.
jeudi 16 juillet 2009
Lu et approuvé/Alice aux pays des merveilles
Alice au pays des merveilles
De l'autre côté du miroir,
Lewis Carroll
L'info en plus : Alice aux pays des merveilles va être adapté au cinéma par Tim Burton. Sortie prévue en 2010.
mercredi 15 juillet 2009
Lu et approuvé/Danseur
Colum McCann
J’avais ressenti la même chose en lisant Le Chant du coyote, où l’auteur nous baladait des terres arides du Mexique aux contrées humides de l’Irlande pour raconter l’histoire d’un père et d’un fils qui s’étaient « déliés » au fil du temps. Danseur évoque lui aussi des liens familiaux douloureux, cassés net par un exil à l’Ouest d’un homme de l’Est qui veut faire une belle carrière. Et quelle carrière puisqu’il s’agit de Rudolf Noureïev !
Mais le livre n’est pas une biographie : la frontière entre réalité et friction est trop poreuse. Colum McCann invente des personnages comme les parents, la sœur, le premier professeur de danse, les amis, les serviteurs, les amant(e)s ... Mais il intègre aussi des personnages de la jet set internationale bien réels comme Andy Warhol ou Mick Jagger.
Il zigzague à l’Est et à l’Ouest, toujours entre deux mondes, l’un fait de privation, de rationnement et d’oppression, l’autre fait d’excès, de paillette et d’argent. Paradoxalement, les personnages secondaires sont presque plus intéréssants que le héros, ou plutôt l'anti-héros, tant il révèle des facettes peu reluisantes.
L’ascension sociale de Noureïev est vertigineuse : on le découvre enfant, pendant la Seconde Guerre mondiale, qui fait le tour des chambres d’un hôpital russe pour divertir les gueules cassées. On le retrouve à l’apogée de sa carrière, star caractérielle et démente, claquant la vie aussi vite que son fric. Un destin qui méritait bien une si grande plume.
lundi 13 juillet 2009
Vu et approuvé/Blur
Hyde Park
Entre deux gouttes de bière, à défaut de pluie, tâchons de s’intéresser au concert en lui-même. Les débuts sont pour le moins prometteurs avec She’s so high, suivi de Girls and Boys qui ont le grand mérite de sortir un Anglais fortement alcoolisé de sa torpeur…S’enchaînent les premières chansons du groupe : There’s no other way, Tracy Jacks, Jubilee, Badhead, repris en cœur par un public connaisseur. A partir de Beetlebum s’instaure une atmosphère plus feutrée : Out of time, seul chanson du dernier album chantée, et Coffee&TV, œuvre de Graham Coxon, inspire aussi à plus de retenue.
Mais voilà, il suffit d’un hymne, Tender, pour relancer la machine : les chœurs des fans suffisent au morceau d’ordinaire joué en gospel. Country house emballe le parterre. Et que dire de l’arrivée de Phil Daniels qui, aux dernières nouvelles, s’était juré de ne plus remonter sur scène pour chanter Parklife et qui déboule pour entonner les premières notes de cette chanson mythique. N’ayons pas peur des mots ! Car si Blur a réussi à prouver quelque chose avec ce retour après 10 ans d’absence, c’est qu’il a marqué la génération des années 90 avec sa brit-pop. Et qu’il est capable de faire pogoter une foule asphyxiée par la chaleur avec un tube comme Song 2, remixé par la suite par les plus grands DJ.
Damon Albarn et Graham Coxon, complices comme au premier jour, ont visiblement pris du plaisir, le premier en courant dans tous les sens, le second en se laissant tomber sur le dos pour gratter sa guitare. Alex James et Dave Rowntree étaient plus en retrait comme à leur habitude, mais néanmoins tout sourire. Mais le public a compensé leur relative inertie en s’époumonant pendant deux heures et sautillant jusqu’à perdre pied. C’était un jour de ferveur sans prêche, si ce n’est louer que "the modern life is rubbish"...
lundi 8 juin 2009
Vu et approuvé/Good morning England
Richard Curtis
Pour la petite histoire, Carl, adolescent encore mal degrossi, est renvoyé du lycée et confié à son oncle, le patron de la station. Il découvre une vie décadente et détonante, faisant un apprentissage accéléré de ce qui ne s'apprend pas à l'école : l'alcool, la drogue, la baise , tryptique sacré du rock'n'roll. Il fait la connaissance de personnages atypiques, tous plus barrés les uns que les autres, potaches jusqu'à la moelle épinière, amoraux parfois, amicaux souvent. C'est une franche camaraderie qui règne à bord, essentiellement masculine, les femmes n'étant là que pour faire la cuisine ou se prêter à une partie de jambe en l'air.
Dans un humour parfaitement british, le réalisateur Richard Curtis déroule une comédie hilarante. Et tant pis pour le bon goût, pour les caricatures, pour les approximations. On rit de bon coeur, jusqu'à en avoir les larmes aux yeux. Peut-être parce que ce film est authentique : Richard Curtis écoutait lui-même les radios pirates dans son lit quand il n'était encore qu'un ado et sait nous transmettre ce frisson qui a pris les Anglais aux tripes. Car ce n'est pas seulement une révolution musicale qui était en route, mais aussi un changement profond des moeurs.
Vu et approuvé/Gran Torino
Mais, comme par enchantement, le regard de Walt Kowalski va changer avec l'arrivée de Thao dans sa vie, le fils de ses voisins qui se trouve malgré lui embarqué dans un gang. Son bizutage? Voler la Gran torino de Kowalski mais le vieillard l'en empêche...Pour se faire pardonner, Thao doit lui rendre de menus services...
Clint Eastwood prend, comme souvent, le temps d'installer le décor, de dérouler son intrigue, d'entrer dans la peau des personnages, ce qui pourra sembler long à certains.Sous son air dramatique, le film cache une tonalité plus comique, avec des répliques et des situations qui font clairement rire le public. Mais il ne faudrait pas non plus que cela rende notre anti-héros sympathique...Quoique, il est toujours temps de se racheter!
jeudi 14 mai 2009
Vu et approuvé/Coraline
Henry Selik
On retrouve une atmosphère à la Tim Burton dans ce film d’animation en relief, avec un univers noir très stylé, des clins d’œil humoristiques, des personnages avec une vrai épaisseur, des images très léchées et surtout une morale qui n’est pas assénée à coup de burin. Tout simplement joli !
L’info en plus : Ce film d’animation en relief est adapté d’un best-seller de l’auteur américain Neil Gaiman, qui a obtenu le prix Hugo du meilleur roman court en 2003.
lundi 13 avril 2009
Vu et approuvé/ Warhol
Grand Palais
Ca aurait pu s'appeler le beau monde d'Andy
Mais 250, ça fait beaucoup! Il y a déjà le côté répétitif de la sérigraphie qu'affectionnait tant Warhol et le principe d'une tête sur un fond très coloré décliné à l'infini. Il est parfois agrémenté d'urine ou de poussière de diamant! On retrouve également sur certaines toiles ses obsessions sur la mort et sur l'argent, argent qui l'ont justement poussé à répondre aux commandes de portraits de "people" dans les années 80. Il a fait de son art un objet de consommation comme un autre. Mais le père du pop art n'est pas à une contradiction près...
L'info en plus : Jusqu'au 13 juillet
Vu et approuvé/ Matisse
Le Cateau-Cambrésis
Il propose également des expositions ponctuelles remarquables pour une si petite ville, à l'image de "Ils ont regardé Matisse, une réception abstraite Etats-Unis/Europe, 1948-1968". Ils sont tous là : Jackson Pollock, Barnett Newman, Jacques Villeglé, Simon Hantai, Sam Francis, Morris Louis, Franch Stella, Claude Viallat, Daniel Buren...
A la manière de l'exposition sur Picasso au Grand Palais, les tableaux de Matisse et de ceux qu'il a inspiré se répondent et l'ont comprend mieux en quoi il les a influencé. Il n'y a quà voir Porte- Fenêtre à Collioure où le tableau fait sens grâce au titre et les bandes peintes par Mark Rothko qui ont dépassé cette question du sens.
Paradoxalement, c'est avec l'émergence de ces abstraits aux Etats-Unis qu'on a donné à Matisse cette nouvelle dimension.
L'info en plus : Jusqu'au 15 juin 2009.
jeudi 26 mars 2009
Lu et approuvé/ Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
Stefan Zweig
Le narrateur défend cette femme que tout le monde juge amorale et se trouve conforter dans son choix par une vieille bourgeoise anglaise qui lui fait un étrange récit : 24h de sa vie où tout aurait pu basculer. C'est passionnant et percutant, avec notamment des descriptions particulièrement réussis de la fièvre du jeu.
Vu et approuvé/ Girgio di Chirico
Musée d'art moderne de Paris
L'info en plus : A voir jusqu'au 24 mai.
mercredi 18 mars 2009
Lu et approuvé/ L'Amour au temps du choléra
Gabriel Garcia Marquez
vendredi 13 mars 2009
Vu et approuvé/ David La Chapelle
Hôtel de la Monnaie de Paris
L'artiste américain mêle religion et pornographie, notamment dans le fresque le Jardin des délices où la reine n'est autre que Paris Hilton...En matière de beauté surfaite et de vide intersidéral, on ne fait pas mieux. David La Chapelle aime les stars et les met à leur avantage : sublime Noemi Campbell à déjeuner, Angelina Joli la bouche en coeur, etc.
Mais son oeuvre est aussi plus profonde, même si elle reste très souvent manichéenne : la fresque guerre et paix où des soldats répondent à des anges, celle où des barbies musulmanes (dont la burka est étrangement transparente) clouent littéralement au sol un éphèbe.
David La Chapelle aime la juxtaposition d'images, le choc de deux réalités comme la série sur les catastrophes naturelles où des mannequins très bien attifées tirent leur valise sur fond de maisons dévastées. Il a une imagination débordante, une vision de la société, ce qui en fait bien plus qu'un photographe de stars.
L'info en plus : L'exposition dure jusqu'au 31 mai 2009.
Lu et approuvé/ Le théâtre des perceptions
Le théâtre des perceptions,
Angela Carter
Ca ressemble à la vie de bohème dans les années 30, c’est en fait la vie des hippies dans les années 60. Mais Joseph, qui lave les morts dans un hôpital, ne sait pas à quoi ça sert de vivre ? Il tente alors de se suicider. Ses projets sont contrecarrés par l’arrivée d’une nouvelle voisine qui le sauve in-extremis : Anne, la morne Anne, boiteuse et malheureuse. Pour remonter le moral du suicidaire, il y a Viv, le copain indéfectible qui vit sur ses indemnités de chômage. Il y a aussi la mère de Viv, prostituée de luxe qui fait tant d’effet au petit Joseph. Autant de personnages qui forment un théâtre de l’absurde. C’est drôle et dérisoire.
jeudi 12 mars 2009
Vu et desapprouvé/ Sonia Rykiel
Musée des Arts décoratifs
La grande prêtresse de la mode est celle de la "déforme" paraît-il : il est vrai qu'il faut oser mettre un tailleur matelassé ou encore une veste de smoking avec un jogging...informe. Ses chandails se retrouvent aujourd'hui dans n'importe quel magasin de prêt-à-porter, signe sans doute d'une oeuvre visionnaire. Mais "celui qui ne comprend rien à la mode", comme moi, en sortira encore plus dubitatif.
L'info en plus : L'expo continue jusqu'au 19 avril 2009.
Vu et approuvé/ Pete Doherty
Pete Doherty,
Bataclan
L'info en plus : L'album Grace/Wastelands sort le 16 mars.
mercredi 18 février 2009
Lu et desapprouvé/ Le Cas Arbogast
Thomas Hettche
Ici, l'écriture me laisse indifférente, l'intrigue est certes intéressante mais manque d'un je ne sais quoi- un petit souffle qui nous donnerait envie de tourner les pages. A vrai dire, cela ressemble à un téléfilm de France Télévisions qui traîne en long et en large : un peu genre Derrick mis à la sauce des Experts, parce qu'il y a plein de laïus scientifique et clinique (Et qui ne sont pas très alléchantes pour qui n'aiment pas les démonstrations scientifiques).
Hans Arbogast est condamné à perpétuité pour le meurtre de Marie Gurth, une auto-stoppeuse avec qui il a eu une relation sexuelle un soir de septembre 1953. Il passe des années en prison avant que des avocats, défenseurs des droits de l'homme, médecins et scientifiques se penchent sur son cas pour essayer de le disculper. Arbogast, déformé par 14 années de prison, reste un personnage ambigüe, toujours sur le fil de rasoir. Hettche raconte bien l'univers carcéral et l'enfermement psychologique qui en découle.
Le problème, c'est qu'il y a beaucoup de personnages et d'intrigues parasites dans ce roman : journaliste ou scientifique dont on ne fait qu'effleurer la personnalité, avec des liaisons naissantes qui ne mènent nul part. Quel intérêt? Aucun, si ce n'est de rallonger la sauce qui à la fin parait trop épaisse.
lundi 9 février 2009
Vu et approuvé/ De Miró à Warhol
collection Berardo à Paris,
Musée du Luxembourg
L'itinéraire est chronologique sauf dans la première salle qui veut résumer l'esprit de cette collection en un mot : confrontation. On retrouve ainsi un portrait de femme par Picasso à côté d'une tête de Pollock par exemple.
La seconde salle, consacrée au surréalisme, est déjà peuplée de célébrités : Magritte, Ernst (voir tableau ci-contre), Miró. Puis on passe à l'abstraction de l'Entre- deux-guerres avec des figures géométriques : des carrés, des ronds, des lignes de Mondrian, Arp ou Tanguy.
On saute de quelques décennies et nous voila dans les années 60 où se confronte le nouveau réalisme français avec le bleu de Klein et le noir de Soulages au pop art américain avec la boîte de conserve de Warhol ou le collage de Wesselman.
La dernière salle est consacré aux dernières tendances du XXe avec un très beau tableau de Riopelle notamment, sorte d'image satellite d'une ville très colorée que l'on situerait aisément en Inde. Avant de sortir, l'inquiétant Portrait de Jacqueline de Schnabel marquera forcèment les esprits, sorte de mosaïque en relief réalisée avec de la vaisselle.
Et quand on sort, on regrette que cette traversée artistique du siècle soit déjà fini!
L'info en plus : Il ne reste plus que quelques jours pour visiter cette expo qui s'achève le 22 février.
lundi 2 février 2009
Lu et approuvé/ Ripley Bogle
Ripley Bogle
Robert McLiam Wilson
Entrer dans le cerveau de Ripley Bogle n'a rien d'une sinécure car le garçon est quelque peu agité, voire torturé! Bogle est Irlandais, avec un peu de sang gallois, et c'est déjà là un drame selon lui. Il est né dans une famille sans le sou, avec une bonne tripotée de frères et soeurs, avec un père alcoolique et une mère qui ne doit son nom qu'à la génétique. Son problème, c'est qu'il a une intelligence au-dessus de la moyenne, c'est un génie qui s'ignore. Quoique, on ne peut être sûr de rien avec lui parce qu'il a le verbe facile et le mensonge encore plus. Ce roman est son autobiographie bien qu'il soit encore jeune, sans doute dans la vingtaine où il nous raconte son enfance et adolescence en Irlande du Nord jusqu'à son entrée détonante dans la prestigieuse université de Cambridge. Sous forme de pièce de théâtre ou de narration classique, Ripley se met en scène. Il adore ça! Quand il en a terminé de ses digressions, il nous parle de sa vie quotidienne de SDF cultivé, mais de SDF quand même : la faim, le froid, la cigarette, la violence le guettent à chaque instant. Son esprit comme son corps vagabonde librement, usant d'un langage des plus grossiers à un des plus raffinés. C'est la contradiction Bogle dont voici un exemple : "Toute ma vie durant, les femmes ont constitué ma priorité essentielle, chacune une divine bouffée, un trou de béquille au bord de l'eau. Mes femmes, penser à elles suffit à m'égayer. J'ignore pourquoi - les femmes m'ont presque toujours chié dessus de la plus grande hauteur dont elles étaient capables." C'est provocateur, libérateur, extravagant, excessif et poilant. Bogle est un baratineur, un prétentieux qui aime s'apitoyer sur son sort, il est passé maître en l'art du dénigrement de soi. Sa personnalité et l'écriture se confondent : tous deux sont truculents.
Voici quelques passages fulgurants. Du Bogle dans le texte :
La mère : "Toutes les Irlandaises que j'ai rencontrées ont toujours été particulièrement hideuses et vous apprendrez avec plaisir que ma mère ne faisait pas exception à la règle. Une grosse roulure, une vieille poufiasse."
Le père : "Renonçant même à la perspective la plus vague de la recherche d'un emploi, il devint un ivrogne talentueux et à plein temps, réalisant ainsi l'espoir de ses plus belles années. Je ne l'en aimai que davantage. Ses humeurs gagnaient en prévisibilité : moins intempérent, il semblait aussi moins désireux de me dérouiller à mort pour un oui ou pour un non. Je sais que je suis dur envers mon père mais je lui dois si peu de choses. D'ailleurs, ce que ce bâtard d'Irlandais me donna jamais fut mon nom ridicule, mon nom brillant."
Le quartier : "Turf Lodge était un gros tas de merde, mais ce fut un endroit merveilleux pour les événements de mon enfance. De nombreux individus dignes de foi ont déclaré que, plus lépreux et plus mortel était l'environnement de l'enfance, plus grand le génie à l'âge adulte. Je me considère moi-même comme l'illustration parfaite de cette théorie."
L'amour : "L'amour est la cape de soie qui masque la lévitation animale du pénis."
Les cigarettes : "J'en grillais quatre-vingts par jour quand j'avais de la thune. Souvent plus. Poumonnement parlant, j'étais tout macadam. J'avais l'haleine sulfureuse, ma langue empestait les algues putrescentes et les égouts de la plage, j'avais le ventre plaqué cuivre. La fumée constituait mon habitat naturel et mon principal aliment. L'air frais me faisait vomir, l'oxygène me flanquait une migraine carabinée que seule la nicotine parvenait à calmer. Un quart d'heure sans clope et je grimpais aux murs. Une année, j'ai quasiment financé à moi tout seul l'équipe de cricket d'Essex Country!"
Le conflit en Irlande du Nord : "Les catholiques d'Ulster constituaient peut-être une bande atterrante de poivrots, de bon à rien et d'analphabètes, qui battaient leurs femmes, mais on découvrit bientôt qu'en dehors de mettre en cloque et à répétition leurs horribles harpies au point de pulvériser toutes les limites de la décence obstétrique, et en plus de leur talent stupéfiant pour encaisser les coups, ils avaient une troisième corde à leur arc : leur troisième don consistait bien sûr à tuer les gens. Et comment. Peu de peuples font ça mieux."
La vie : "La vie est ainsi : elle aime manifester sa versatilité. C'est ce que j'aime dans la vie : sa frime ostentatoire et sans scrupules."
Les vagabonds : "Les vagabonds sont tout de même bizarres. Ils essaient de rester drapés dans leur dignité le plus longtemps possible. Comportement stupide. Le drap de leur dignité n'est plus qu'une peau de chagrin."
La violence : "Evitant toutes ces altercations prévisibles, je me suis félicité de mon sang-froid (c'est-à-dire de ma lâcheté). En effet, certains soirs il suffit qu'un abruti à la gueule enfarinée me mate trop longtemps pour que je lui saute sur le râble avec des grands moulinets de mes petits poings irlandais. A l'inverse, d'autres soirs je ferai des kilomètres pour éviter la moindre embrouille - plutôt laisser les gens se moquer de moi, m'injurier, me cracher dessus, me palper les couilles ou me péter au nez, que de propulser mon poing vers la chair ennemie. J'appelle ça mes capacités d'adaptation."
mardi 27 janvier 2009
Vu et approuvé/ Slumdog millionnaire
Danny Boyle
Génial. Tout simplement génial. C'est la première fois que me vient l'envie d'applaudir à la fin d'une séance de cinéma! L'histoire est épatante : un indien des bidonvilles participe au jeu télévisé Qui veut gagner des millions? où il répond juste à toutes les questions, jusqu'à être en course pour la jackpot : 20 millions de roupies.
Cet analphabète, serveur de thé dans un call center, attire les soupçons et se retrouve au poste de police pour justifier son aisance dans ce jeu. Ce sont alors des flashbacks qui nous mènent dans sa plus petite enfance dans les bidonvilles, dans son errance à travers toute l'Inde, faite de violence, d'injustice, d'exploitation et de rejet. Même si cette histoire est tragique, le ressort comique surgit toujours au bon moment, utilisé à bon escient, comme pour nous dire que la vie est une immense farce.
Les acteurs sont d'un naturel déconcertant, surtout les enfants, adultes haut comme trois pommes, plein d'espièglerie et d'espoir. La réalisation de Danny Boyle est admirable : les images très léchées et colorées, presque photographiques à certains moments. Il a réussi à trouver l'équilibre entre un rythme effréné dans des courses-poursuites digne des films hollywoodiens ou des ambiances feutrées digne du cinéma d'auteur français. Sauf que c'est jamais chiant!
Comme toujours chez Danny Boyle, la BO est très soignée avec des chansons indiennes modernes qui changent des images d'épinal sur l'Inde. Ne loupez pas cependant après le générique de fin une séquence très bollywoodienne et très divertissante.
L'info en plus : Slumdog millionnaire a déjà remporté quatre Golden globes et un prix décerné par le syndicat des producteurs. Il est donc fortement pressenti pour gagner quelques prix aux Oscars.