mardi 18 novembre 2008

Vu et approuvé/ Festival des Inrockuptibles


Festival des Inrockuptibles

The Foals. Sauvage. Ca commence un peu bizarrement par des petits bidouillages électro et c’est un peu longuet avant d’entrer dans le vif du sujet. Mais nous y voilà enfin avec The French open, dans la langue de Molière, que le public peut reprendre sans se tromper. Bientôt, c’est Cassius qui met toute l’audience en effervescence : oui, ça gaze pas mal ! Le chanteur cherche désespérément à grimper au balcon pour faire le show mais il n’a pas d’appui : au bout de la dizième fois, une main généreuse le hisse jusqu’en haut pour qu’il puisse faire le tour de la salle, redescendre par un poteau au milieu, traverser la fosse pour remonter sur scène. Il n’a pas l’air de s’encombrer des bonnes manières, dégommant tout sur son passage jusqu’à son micro et se jetant dans la foule avec sa guitare. Qui veut se prendre une guitare en pleine tronche ? Quelques personnes très excitées décident de jouer au chat et à la souris avec le service de sécurité, grimpant sur scène avant de se jeter de justesse dans la fosse, ou de se faire ramasser par ledit service. Le problème, c’est que ça parasite la musique pour ceux qui veulent écouter et danser.

The Friendly Fires. Sensualité. A peine le rideau levé, la température est montée de quelques degrés et l’ambiance s’est nettement réchauffée. Chaud, chaud devant ! Les filles au premier rang ont en eu pour leur argent à mater le jeu de jambes du leader de cette formation et ces fesses bien moulées dans un pantalon très seyant ! Et lui en fait un max, se déhanchant jusqu’à se déboîter une hanche justement. Le fils spirituel de Mick Jagger est né, sexy à souhait, même si j’étais très loin pour voir s’il avait des lèvres pulpeuses. Laissons-là de côté nos hormones en ébullition pour parler de la musique : rien de révolutionnaire là-dedans mais des petites bombes, parfaitement calibrées pour danser. C’est imparable ! Dommage que la chanson Lovesick n’ait pas été chantée parce que c’est de loin la plus sensuelle.

The wild beast. Cherche sa voix. Qu’il y a t-il de commun entre la voix aigue d’un Bee Gees et la celle caverneuse d’un Tom Waits? A priori rien sauf que le leader des Wild Beast combine les deux, alternant de l’enfant de chœur qui n’aurait pas encore mué au vieux routier qui aurait fumé des gauloises toute la nuit. Ca donne un petit effet cabaret pas antipathique, appuyé encore par l’utilisation d’un clavier. Ca peut être ennuyeux à la longue mais le groupe a un autre chanteur en stock qui lui est dotée d’une belle voix grave sans fluctuation !

The Virgins. Déception. A les voir sur scène avec leurs blousons trop courts, leurs jeans déchirés, une paire de baskets jaunes et vertes fluo aux pieds, on se doutait bien que ce serait un groupe pour ados, puisqu’ils en avaient les codes vestimentaires. Mais pas à ce point ! Leur single Rich girls faisait pourtant bon effet sur l’album mais le chanteur l’a légèrement égratigné sur scène. Leur album sonnait funky et varié mais le live a été beaucoup plus monotone, lassant par son uniformité...Mais ce n'est que mon humble avis car ça pogotait quand même pas mal dans la fosse.

Seasik Steve. Révelation. J’avais jamais entendu parler de ce groupe avant et ce sont les petits bonheur d’un festival de voir des artistes comme ça. Ca donne envie de partir fissa au Mississipi, s’asseoir sur un rocking chair et écouter les vieux jouer de la musique country et bluesy. Car notre ami Steve n’est pas tout jeune, comme en atteste sa longue barbe blanche... N’empêche que quand il enlève sa chemise de bûcheron et découvre des bras gras plein de tatouages et un marcel dessous sa salopette, ça s’existe dans les gradins ! Il invite même une petite jeunette sur scène pour lui conter fleurette ! Il sait enflammer la salle avec un jeu de scène quasi inexistant (puisqu’il reste assis la majorité du temps) mais avec une musique très stimulante. Il nous parle dans ses chansons de son père qui le jette à travers les carreaux ou de feu son vieux chien adoré…Bref, des traditionnels bien revitalisés.

Soko. Amateur. C’est comme si on avait des places pour assister à un match de Ligue 1 et que d’un coup on se retrouvait en division d’honneur. Certes, Soko a pour sa défense de nombreux problèmes techniques : pas de retour dans les oreilles, une guitare qui ne marche pas, un micro instable qui l’oblige à se courber pour chanter…Mais dans l’adversité, elle révèle une petite fille colérique : « Je peux pas jouer de la guitare, c’est pas cool ! » et houspille ses petits camarades de jeu. Niveau musique, elle se réfère à Daniel Johnston, Paul Mc Cartney et semble influencé par les Moldy Peaches et toute la clique anti-folk. Mais quand cela semble authentique chez les pré-cités, ça apparaît moins innocent chez Soko qui s’amuse à susurrer de manière quasi inaudible telle une Carla Bruni (très énervant) ou à hurler dans son micro histoire de nous péter un tympan (très très énervant). Et comme si cela ne suffisait pas, elle voulait absolument chanter une chanson au yukulele (sans intérêt), passant outre les consignes des organisateurs qui lui signifiait qu’elle avait fait son temps. Allez vite, au suivant !
La Cigale

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