Les piliers de la terre,
Ken Follett
A quoi ça tient de choisir tel livre, tel CD, telle expo ? On peut se fier à ses goûts personnels toujours sûrs, se laisser prendre par une bonne critique piochée quelque part dans les médias ou s'en remettre au hasard d'un blog trouvé sur la toile...
Premières lignes, bonnes impressions : un mineur, immigré ukrainien installé à Coal Run, s’en va comme chaque matin à l’aurore dans le ventre de la terre. Quelques minutes plus tard, une explosion réveille les habitants de la cité qui se précipitent vers la mine en feu. Mais Tawni O’Dell ne nous refait pas un Germinal et s’éloigne de la condition ouvrière pour aborder la question des sentiments.
Une avocate exilée aux Etats-Unis revient en République dominicaine qu'elle a quittée depuis des décennies. Ses pas la conduisent au chevet de son père mourant, un sénateur déchu du régime dictatoriale...
Qu'est-ce que ça fait d'être dans la peau d'un hooligan? Mal, très mal. On en prend plein la figure, c'est normal puisqu'on cherche la castagne. On en ressort avec la nausée car comme tout hooligan qui se respecte, comme tout mafioso qui a son code d'honneur, on est raciste, mysogine, alcoolique et bête comme nos pieds qui nous conduisent aux alentours des stades. Exemple parmi tant d'autres : "La baise, ce n'est jamais que de la baise, et aucune nana ne peut faire le poids avec une virée à Newcastle. Qu'est-ce qu'on préfère, les ramener à la maison et leur mettre un bon coup? Le cul lubrifié à mort, le réservoir bien plein? Et se réveiller demain matin à côté de deux pétasses repues de foutres? Ou bien ouvrir les yeux à Newcastle avec les copains et se mettre à chercher ses connards?"
Ne vous y trompez pas, Train n'est pas une épopée ennuyeuse sur le rail mais le surnom donné à un gamin doué pour le golf. La seule comparaison valable avec le train, c'est que ce roman est comme un TGV lancé à 515,3 km/h (record du monde, j'ai vérifié) et que l'on se prendrait en pleine face. Percutant! Heureusement, ce n'est que de la fiction et vous vous en relèverez, tout juste un peu sonné.
Ca commence à peine que c'est déjà fini : après une scénette d'un Américain à Paris où il évidemment question d'amouuuuuuuuur, le générique de fin s'enclenche au bout de dix minutes. De quoi dérouter le spectateur! Il faudra attendre la fin du "vrai" film pour comprendre le début du "faux film", le vrai qui commence sur des chapeaux de roues ou plutôt sur un quai de gare quelque part en Inde. Trois frères se retrouvent à bord du Darjeeling limited, rassemblés par l'aîné qui a frôlé la mort, pour une quête spirituelle. La mort rôde partout dans ce film puisque les héros ont perdu leur père un an plus tôt et se sentent orphelins de leur mère partie méditée sur les cimes asiatiques. Ce "train movie" n'est pas triste pour autant! La quête de sens se transforme en déroute insensée: humour décalé, comique de répétition, scènes cocasses, personnages loufoques peuplent cette comédie. Les images de l'Inde sont de toute beauté, que ce soit le foisonnement des couleurs lors des passages comiques ou la sobriété du blanc et du sable pour les événements tragiques. Très esthétique.